Site archéologique de Tougues

Description et situation

Station littorale immergée dite "Le Port de Tougues"

  • Historique:Seul gisement de ce type connu en Europe occidentale. Témoignage de l' occupation pré- et proto-historique des rivages du lac Léman. Gisement de l' Age du Bronze final qui témoigne de trois périodes d' occupation entre le 12e et le 10e siècle avant J.-C.

  • Propriété:  propriété de l'Etat

  • Date de protection:Classé monument historique (MH) le 31 octobre 1997

  • Précisions:Station littorale, au large des parcelles cadastrales C1 1048, 10, 1366, lieudit Tougues et 1369, lieudit Vers les Vignes de Tougues (le périmètre classé est : en plan : le rectangle de 190 m. de long et 80 m. de large dont la médiatrice des longueurs qui fait un angle de 75o ouest passe par le point dont les coordonnées Lambert zone II sont X = 901, 700 et Y = 2154, 300 (mesures graphiques) mesurant de part et d' autre de ce point 20 m. à l' ouest et 60 m. à l' est ; en altitude : l' espace compris entre les altitudes NGF 371 m. et 365 m., cotes du sol actuel, côté rivage, et des niveaux organiques repérés, côté large, à 165 m. du rivage) : classement par arrêté du 31 octobre 1997.
Source: Monuments de France.org

Historique

NOS ANCETRES , LES CHENSINOIS…

Il y a plus de 3000 ans, un important village sur pilotis existait à Tougues !

La peinture ci-contre (qui a fait l'objet d'une adaptation graphique) a été peinte par Hyppolite Couteau en 1896. Elle est intitulée « Un soir dans un village lacustre » et elle pourrait bien décrire la vie de chensinois de l'époque rentrant du travail. L'artiste idéalise la vision que les préhistoriens du 19ème siècle avaient des populations lacustres. Ils pensaient que ce mode de vie était l'expression d'une civilisation originale qu'ils ont appelé «civilisation des palafittes».Le mot vient de l'italien palo (pieu) et figgere (ficher). Le choix de vivre dans des habitations au-dessus de l'eau, reflétait, pensaient-ils, un type de culture similaire à celles de certaines populations d'Asie ou d'Afrique, qui avaient été décrites dans les récits d'explorateurs.

Aujourd'hui cette théorie est abandonnée et les archéologues pensent plutôt que ces maisons sur pilotis, étaient à l'origine construites sur la terre ferme et ont subi l'effet des variations du niveau d'eau des lacs. Les sites de Tougues comme ceux de Beauregard et de la Vorze ont été repérés dès la fin du 19eme siècle. Ils sont répertoriés dans la carte des sites palafittes lémaniques publiée en 1904 par le savant vaudois F.A Forel dans son ouvrage "Le Leman". Les premières explorations ont été faites par les « lacustreurs » qui ramassaient des objets archéologiques depuis un bateau avec des méthodes artisanales et des outils comme de grands râteaux en fer ! La plupart des objets retrouvés à Chens-sur-Leman ont été dispersés, mais certains se trouvent au Musée d'art et d'histoire de Genève.

Malgré la richesse reconnue des stations littorales préhistoriques de notre commune, il faudra attendre 1986/87 et un important projet de marina (qui devait se faire à l'emplacement du site), pour voir une première exploration scientifique et subaquatique du gisement de Tougues. Il s'agit de déterminer l'étendue des vestiges et leur nature. L'étude est conduite par le Centre National de Recherches Archéologiques Subaquatiques. Elle est financée par le Ministère de la Culture et en partie par l'aménageur. Les méthodes incluent la topographie complète du site, des carottages, une dendrographie de nombreux pieux en chêne pour déterminer quand les arbres ont été abattus, l'étude scientifique des poteries, outils en bronze, bracelets et autres parures, fragments osseux d'animaux etc.…Le diagnostic préalable est clair : il s'agit d'un site majeur datant de la période de l'age du bronze final. « Seul gisement de ce type connu en Europe Occidentale » …avec 3 périodes d'occupation entre 900 et 1200 ans avant JC.

Les objets lacustres trouvés pendant cette phase de diagnostic sont conservés au musée du Château à Annecy. Faute d'un financement supplémentaire, la phase de fouilles approfondies n'a jamais été réalisée et Tougues reste donc dans un état de réserve archéologique. Compte tenu de l'importance de ce patrimoine, la station littorale dite « Le Port de Tougues »a été classée Monument Historique en 1997. Il faut espérer qu'un jour, l'ensemble du gisement puisse être exploité et que les vestiges archéologiques soient exposés dans un musée à Chens.

Bibliographie : • Ministère de la Culture-Classement Mérimée • Découvrir le Léman- Préhistoire Lémanique par Pierre Corboud • Site Bronze Final de Tougues par Yves Billaud et André Marguet.